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Bukavu : seizième anniversaire du martyre de Mgr Christophe Munzihirwa


par Christian Muta

« Restons unis pour sauver le pays »
(Dernier message de Mgr Munzihirwa, la veille de son martyre)

Le tronçon  de l’avenue Patrice Emery Lumumba allant du marché de Nyawera jusqu’à la Cathédrale Notre Dame de la Paix, a été pris d’assaut par les fidèles chrétiens catholiques et leurs pasteurs ce lundi 29 octobre 2012 à 13h30. Et pour cause : l’Eglise catholique de Bukavu  commémorait en ce jour le seizième anniversaire du martyre de Monseigneur Christophe Munzihirwa, lâchement abattu par les ennemis de la paix, le mardi 29 octobre 1996 au soir.

Pour commémorer son martyre,  les chrétiens de toutes les paroisses de l’archidiocèse de Bukavu se sont rassemblés au lieu du crime pour écouter  la lecture de l’évangile et l’exhortation de l’archevêque de Bukavu sur la paix  suivie de la bénédiction du lieu de l’assassinat et de la prière pour  la paix. C’est après cette brève cérémonie qu’une très longue file indienne, formée des chrétiens  tout de rouge vêtu et  palmes à la main, est partie de la « place Munzihirwa » jusqu’à l’esplanade de la cathédrale pour une célébration eucharistique débutée à 15h15’ et  présidée par l’archevêque de Bukavu, Monseigneur François-Xavier Maroy entouré pour la circonstance de plusieurs prêtres pour la concélébration.
« Nous sommes un peuple choisi par Dieu. En tant que tel, personne d’autre ne peut nous dominer plus que notre Dieu ». C’est avec ces paroles fortes que l’archevêque de Bukavu a commencé son homélie tout en rappelant qu’être un peuple choisi exige aussi de la part de tout un chacun un comportement digne de ce nom. Monseigneur Maroy n’a pas oublié de mentionner que les trois archevêques qui l’ont précédé : Christophe Munzihirwa (tué à bout portant il y a 16 ans), Emmanuel Kataliko (décédé de suite d’un empoisonnement il y a 12 ans, après un temps de relégation dans son village ) et Charles Mbogha (paralysé le jour même de son intronisation comme archevêque de Bukavu et décédé il y a 7 ans), tous  ont travaillé pour le Seigneur  et ont rendu visible la Sainte Famille de Dieu au sein de l’église de Bukavu. Et l’archevêque de Bukavu de se  questionner : Qu’ont-ils  fait ou dit du mal pour qu’ils soient ainsi maltraité ?
Si l’archidiocèse de Bukavu  fait leur mémoire en ce jour, c’est, à en croire le célébrant principal,  parce qu’ils nous ont laissé de bons exemples à suivre. La mission de tous et de chacun est de proclamer  partout que nous avions eu des témoins de la paix, de la vérité et de l’unité de tous les congolais mais que les ennemis de la paix et de l’unité les ont martyrisés.
Monseigneur Maroy a fustigé le comportement antipatriotique de certains   enfants du Kivu qui, pour des raisons inavouées, continuent à prêter mains fortes aux ennemis de la paix.  C’est à ce stade qu’il a dévoilé au grand jour et sans ambages les quatre armes utilisées par ces derniers  pour décimer les populations du Kivu:
-         Les armes : chaque jour qui passe, on assiste impuissants aux enlèvements, à des tueries et à des meurtres : Qui tue ? et pourquoi ?
-         La faim : On crée l’insécurité qui,  a son tour, crée l’exode rural des cultivateurs pour tuer le peuple par la famine.
-         Les maladies : le viol utilisé comme arme de guerre avec la contamination des maladies sexuellement transmissibles, tel le Sida et autres.
-         Les sectes : comme arme de division des familles, la nation et de l’Eglise.

LA FOI, L’AMOUR et L’UNITE, a martelé Monseigneur Maroy, restent et resteront les armes du chrétien contre ces quatre armes de la mort utilisées par les ennemis de la paix.
Pour finir, l’archevêque de Bukavu a lancé un appel vibrant à l’endroit des autorités présentes à cette célébration ainsi qu’à tout un chacun pour une auto prise en charge en vue d’assurer la sécurité du Kivu en étroite et franche collaboration avec la police  de proximité.
Après la communion, le gouverneur de la Ville de Bukavu a pris la parole pour un mot en faveur de la paix et de l’unité de tous les peuples congolais.
C’est à 17h45 que cette célébration commémorative du martyre de Monseigneur Munzihirwa et de ses deux successeurs a pris fin. 
Rappelons, avant de clore ces lignes,  les circonstances du martyre de Mgr Christophe Munzihirwa: Le soir du 29 octobre  1996, alors qu'il se rendait à la communauté jésuite du Collège Alfajiri après une journée harassante entièrement consacrée à sauver des vies et à réconforter la population en détresse, désorientée, abandonnée par ceux qui auraient dû assumer leur responsabilité d'administrateurs, arrivé à la place Nyawera, le véhicule à bord duquel  se trouvaient le Pasteur de l’Eglise de Bukavu, son chauffeur et un militaire des Forces Armées Zaïroises (FAZ) a été arrêté par des tirs en rafales. Monseigneur Christophe sortit du véhicule, une croix à la main, et se dirigea vers des militaires (qui n’étaient pas des congolais des FAZ) pour palabrer. Ceux-ci le placèrent contre le poteau, pendant qu’ils demandaient des instructions via radio quant à ce qu’ils devaient faire du détenu. Puis, on lui donna l’ordre de s’agenouiller près d’une grille et on le tua d’un coup à la nuque. Il était 18h30. »

Il n’est pas trop de dire que le testament laissé par Monseigneur Munzihirwa au peuple congolais, la veille de son martyre, garde toute son actualité encore aujourd’hui. Ecoutons-le-nous le redire après une quinzaine d’années des guerres et rébellions à répétition à l’Est de la République du Congo: « Restons unis pour sauver le pays. Nous les Chrétiens nous devrions savoir que l’arme la plus forte reste toujours la charité envers tout le monde et la prière au Seigneur Jésus, avec l’assistance de Notre Dame du Rosaire. Et que la Vierge Marie, Reine de la paix, intercède pour nous »

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