Accéder au contenu principal

Des voleurs qui m'aiment

Au cœur des jours et des nuits

Des voleurs qui m'aiment

Des inconnus prétendent m'aimer sur internet. Mon nom ou ma photo ou mes pages sur facebook, twitter et Wikipédia, sur tous les réseaux sociaux, doivent avoir eu de l'effet pour m'attirer bien des amis. Pourquoi pas ? Sans vraiment le savoir ni le vouloir, en fait, c'est pour aimer et être aimé que je suis sur internet.
Et voilà peut-être pourquoi des voleurs circulent ainsi sur internet pour tromper ceux et celles qui manqueraient de vigilance, de prudence. Ils prétendent vous aimer. Et pourquoi pas ? Mais ils sont suspects, parce qu'ils proposent de l'argent comme personne ne l'a jamais fait auparavant, et comme vous n'en auriez jamais rêvé.

A mes yeux, ils sont suspects, parce que parmi mes amis connus, mes vrais amis dans la vie, très peu sont riches. Et parmi ces quelques riches, très peu pensent me donner de l'argent. Et parmi les quelques rares qui m'en ont donné, très peu me proposeraient de si fortes sommes, qu'ils n'ont d'ailleurs jamais eues eux-mêmes.
Mes prétendus amis de l'internet m'envoient des e-mails me promettant de l'argent à faire de moi soudain un riche, un grand riche qui aidera tous les pauvres, vrais ou faux, qui ne cessent de me demander de l'argent, que je n'ai pas, que je n'aurai jamais et que je ne leur donnerai donc jamais.
Et pourquoi ne puis-je penser que Dieu lui-même, dans sa bonté infinie et sa Providence, m'envoie, sur internet, de si généreux bienfaiteurs pour me tirer de la pauvreté une bonne fois pour toutes. Dieu a suscité, dans l'intelligence humaine, l'invention du merveilleux moyen de l'internet.
Non, je ne crois pas que c'est Dieu qui m'envoie ces prétendus amis de l'internet. Parce que Dieu n'a pas l'habitude d'agir ainsi dans l'histoire humaine. Sauf dans mes rêves les plus fous. Mais je ne suis pas un fou.
Les amis inconnus de l'internet disent avoir tiré au sort mon adresse et aimer mes nom et prénom. Je ne les suivrai pas. Par principe et par conviction, je ne joue pas aux jeux du hasard. D'autres amis inconnus prétendent même me léguer à moi tout leur héritage. Ils ne disent pas pourquoi à moi. Et ils me supplient d'accepter pour faire le bien à l'humanité. Bonne idée, n'est-ce pas ? Mais de toutes mes connaissances dans la vie réelle, personne ne m'a jamais rien légué en héritage. Et ces inconnus qui ne connaissent que mon nom et mon adresse, aussi jolis soient-ils, ces amis qui n'ont vu que mes belles photos sur internet seraient donc les premiers à penser à moi et à moi seul pour que je fasse le bien en leur nom !
Vous me direz que je suis trop critique et que je manquerais ainsi de belles occasions de faire le bien. Trop critique, peut-être. Par déformation professionnelle, sans doute. Mais je dois vous révéler qu'un ami et voisin qui a cru ces voleurs d'internet a dû m'avouer plus tard, bien plus tard, qu'il avait été victime d'escroquerie. Il n'a jamais porté plainte contre personne, tant il a honte de s'être laissé prendre si naïvement. Mon ami s'est endetté et ruiné pour avoir cru des amis inconnus sur internet.

Jean-Baptiste MALENGE Kalunzu
jbmalenge@gmail.com



Posts les plus consultés de ce blog

Abbé Donatien Nshole : « A chacun son rôle dans la situation socio-politique »

« A chacun son rôle entre l’Eglise et la classe politique, et dans l’Eglise, entre les laïcs et le clergé ». Le Secrétaire général de la Conférence épiscopale nationale du Congo, monsieur l’abbé Donatien Nshole, l’a martelé au cours d’une conférence-débat organisée le vendredi 27 octobre par le Centre d’Information et d’Animation Missionnaire des Missionnaires de Scheut dans la salle des conférences de la paroisse saint Joseph de Kinshasa-Matonge.

Les Filles de la charité de saint Vincent de Paul allongent le temps de la formation première

Pour un meilleur service des pauvres, les Filles de la charité de saint Vincent de Paul ont restructuré leur formation première. Désormais, les aspirantes passeront au moins cinq ans de formation avant le premier engagement.

Au cœur des jours et des nuits : Photo et funérailles

Aussitôt que j'ai pris une chaise et que je me suis bien installé au lieu des funérailles de mon ami, un jeune homme s'est proposé de me prendre en photo. Contre paiement d'argent, bien sûr. J'ai refusé la sollicitation. Le jeune photographe amateur gagne ainsi sa vie. C'est facile à penser : chaque jeune, aujourd’hui, diplômé d'université ou pas, se crée un métier, un gagne-pain, faute d'en trouver un. Il n'y a pas tant d'offres d'emploi ces jours-ci.