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Une nouvelle mauvaise année ?

Au cœur des jours et des nuits

Une nouvelle mauvaise année ?

Un ami a pronostiqué que l’année nouvelle 2015 sera une mauvaise année. Voilà une vraie mauvaise manière de souhaiter la nouvelle année à ses amis et à son pays.
Mon ami est un porteur de mauvaises nouvelles. Il n’en est pas fier, dit-il. Il dit lire la réalité. Il dit donner tout simplement lecture des signes du temps qui se montrent partout. Il insiste. Et il cite Jésus de Nazareth. Au chapitre 16 de l’évangile selon saint Matthieu, Jésus dit aux Pharisiens et aux Saducéens : « Le soir, vous dites : le temps sera beau car le ciel est bien rouge ; et le matin : Aujourd’hui, nous aurons de la tempête, car le rouge du ciel n’est pas beau. Vous savez donc interpréter l’aspect du ciel, mais les signes des temps, vous ne le pouvez pas ! » (Matthieu 16,2-3)

Mon ami dit lire dans les paroles des uns et des autres acteurs politiques de notre pays l’annonce selon laquelle l’année nouvelle sera une bien mauvaise année. Ce sont donc des compatriotes qui lui donnent bien l’impression de vouloir le pire des malheurs à la société. L’année nouvelle entamera un cycle électoral, et rien ne dit que la période électorale prochaine sera différente de quelques-unes qui sont passées avec leur cortège de violence.
On rétorque à mon ami que d’un cycle électoral à un autre, un progrès a été réalisé et que, par conséquent, le peuple, comme on dit, s’est assagi au fur et à mesure. Mais mon ami reprend qu’il est de bonne volonté, qu’il voudrait bien voir que les uns et les autres ont assimilé une quelconque leçon du passé. Par exemple : que les hommes et femmes politiques qui prétendent parler au nom du peuple, aimer le peuple, sont capables. Mon ami dit qu’il peut bien croire à la sincérité des uns et des autres, mais qu’il n’entrevoit aucun signe en faveur de la capacité des hommes et femmes politiques africains à se prendre en charge et à prendre en charge leurs peuples. Entre la sincérité, la bonne volonté et la capacité, il y a une différence.
Et le peuple lui-même, pourquoi attendrait-il d’être pris en charge ? Le peuple africain n’a-t-il pas appris de son expérience propre à s’assumer ? Mon ami persiste et signe : il ne voit pas quand, depuis les indépendances, les peuples africains se sont assumés. Les peuples africains se divertissent et se targuent parfois d’avoir dicté une quelconque loi à des usurpateurs et à des prédateurs nationaux et étrangers. Mais, à l’épreuve du temps, croit mon ami, les peuples d’Afrique oublient jusqu’à leurs propres initiatives, jusqu’à leurs relatives victoires sur le destin. Les peuples africains n’ont pas encore appris leur propre histoire, malgré les apparences. Les apparences se démentent au fil des années, des mois et des semaines voire des jours, de quelques jours. Voilà pourquoi mon ami ne pavoise pas. Il ne se grise pas d’un moindre frémissement de peuples d’Afrique.
L’année nouvelle sera comme la précédente et l’antérieure et comme toujours. Bonne Année à tous !

Jean-Baptiste Malenge Kalunzu

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