Accéder au contenu principal

Le sport, passion pour la vérité

Au cœur des jours et des nuits
Le sport, passion pour la vérité

Je ne crois pas avoir perdu ma passion pour le football. Il arrive, aujourd’hui, que je me concentre sur une lecture plus professionnelle ou sur un temps de prière plutôt que de suivre, à la télé, le match de football livré par l’équipe nationale. Le bruit qui monte de la ville lorsqu’un but a été marqué ne me laisse pas indifférent ! Mais je ne me laisse pas influencer. Il y a quelques années, je n’aurais pas imaginé qu’il soit possible à un homme, un vrai, de manquer les grands rendez-vous de football.

Lors de mes années d’étudiant, les finales des coupes du monde ou des coupes d’Afrique tombaient pendant les sessions d’examens. Je pensais que le diable en personne avait arrangé ainsi les calendriers pour me tenter de la pire manière. Mais que vient faire le diable dans une affaire où il ne doit pas compter sur beaucoup de crédibilité pour lui-même ? Il est vrai que le football et le sport en général peuvent servir le diable : ce sont des occasions de violence et d’autres péchés comme la corruption. On nous révèle de plus en plus que des matchs de grands championnats du monde ont été « arrangés » pour donner la victoire ou la défaite. Contre argent. Il y a des tricheurs. Il y a des intolérants. Il y a des fanatiques et d’autres. Le sport est comme toute activité humaine : il y a du meilleur et du pire. Le mal est dans l’homme.


Je n’ai pas perdu ma passion pour le football. Ce n’est pas une question d’âge. Je pense même de plus en plus au football. Je me donne la peine de résister à la tentation de suivre un match de football, je réussis mieux que la plupart de ces hommes de toutes catégories. Ils étonnent les femmes. La plupart des femmes ne comprendraient pas comment des hommes sérieux peuvent se rendre aussi esclaves d’un jeu. La plupart des femmes n’ont pas compris que le football est une école de la vie, notamment une école de loyauté. J’y pense moi-même de plus en plus.

Le football, j’y pense souvent lorsque je pense aux élections politiques ou autres. Quelle capacité un candidat a-t-il pour accepter sa défaite ? Et quelle capacité surtout ses partisans les plus acharnés doivent-ils avoir pour s’incliner devant la défaite, se relever et préparer le prochain tour, la prochaine manche ?

Et si les Congolais qui gagnent ou qui perdent des matchs de football et qui l’acceptent pouvaient nous donner la leçon pour y penser à l’heure des élections ! Des élections bien ou mal organisées, à notre avis. Qu’un arbitre de football ait raison ou qu’il ait tort, il doit être obéi, respecté. Tous les gamins sur tous les terrains de football l’apprennent par la pratique, au fils des victoires et des échecs. L’arbitre est le maître du terrain, nous dit-on. On lui obéit, sous peine de sanctions. Et les sanctions arrivent : lorsque, par exemple, un joueur ou un supporter a porté la main sur un arbitre ou tout simplement lorsqu’il a eu un mot déplacé.

En ce qui me concerne, j’ai appris ma leçon à l’école primaire. Je me rappelle comment je suis devenu supporter de mon équipe de football. L’équipe portait le nom d’une autre équipe de la capitale dont on parlait à la radio. Mon maître d’école, en cette année-là, dans ma ville, jouait dans une équipe de football. Et le gamin que j’étais le savait. Mes copains et moi-même, nous sommes tous devenus, dans notre classe, les premiers supporters de l’équipe de notre maître. Ainsi est née la passion pour le football et la passion pour l’équipe. Des années et des décennies plus tard, mon maître a vieilli. D’autres jeunes ont repris l’équipe, puis d’autres, puis une autre génération. L’équipe a gardé le même nom, les mêmes couleurs. J’en suis resté supporter, par fidélité. Je n’ai pas perdu la passion, aujourd’hui, mais je préfère parfois étudier, travailler et je me contente d’apprendre  plus tard les résultats d’un match. Les victoires me flattent. Les défaites m’attristent. Mais jamais je n’irai me battre pour un match de football. Plus jamais.

Jean-Baptiste MALENGE Kalunzu

jbmalenge@gmail.com

Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

Les Sœurs franciscaines de Tshumbe dissipent la peur de Facebook

De la peur de Facebook à la lumière. Tel est le sentiment exprimé le samedi 13 octobre 2018 par des Sœurs de saint François d’Assise de Tshumbe, dans la province du Sankuru, à l’issue de la session de formation en communication assurée pendant quatre jours par le Centre de Recherche etd’Education en Communication (CREC). Le père Jean-Baptiste Malenge, formateur du CREC et monsieur l’abbé Guy Leta, chargé de communication du diocèse d’Idiofa et doctorant en communication à l’Université catholique du Congo, ont animé cette session sur l’usage des médias sociaux.

Témoignage de Sœur Astrid Tete sur l’agression, le 12 novembre 2018, du couvent des Sœurs Salésiennes de la visitation à Bandundu-Ville

Quatre bandits armés avaient commencé par attaquer le curé de la paroisse Nto-Luzingu, le père polonais Pierre Handziuk, de la congrégation des missionnaires du verbe divin. Pour l’empêcher d’appeler au secours, les bandits l’ont  emmené de force à la communauté voisine des Sœurs salésiennes de la visitation. La supérieure de la Communauté, sœur Astrid Tete, 78ans, raconte.

Les religieuses de saint André pour la promotion du lycée Siama et l’éducation de la jeune fille de Kikwit

En présence de la supérieure régionale des Religieuses de saint André, sœur Catherine Nsiami, la sœur Rachel Mundungu, préfet du lycée Siama ex saint André, à Kikwit, dans la province du Kwilu, a accueilli, le dimanche 17 février, le ministre national de l'enseignement primaire et secondaire, Gaston Musemena. Il séjournait à Kikwit pour le lancement officiel, au collège Sadisana des pères jésuites, de la session des examens préliminaires pour les candidats autodidactes aux examens d'Etat.