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Rien pour rien ?




Au cœur des jours et des nuits

Rien pour rien ?


J’ai apporté un coup de main à deux jeunes gens qui poussaient dans la souffrance une jeep tombée en panne au bord de la chaussée. L’endroit est fort fréquenté. Il fallait au plus vite déplacer le véhicule. J’ai donc prêté mon concours pour le salut public. Le chauffeur a marqué son soulagement lorsque son véhicule a démarré. Et il est parti.

Mais les deux jeunes gens se sont mis à me gronder littéralement lorsque j’allais reprendre mon chemin. Je ne les connaissais ni de près ni de loin. Je ne leur avais rien demandé. J’ai juste rendu service. Mais mon tort, à leurs yeux, était d’avoir pensé rendre le service tout gratuitement. Les deux jeunes gens prétendirent que je me moquais d’eux, que j'avais demandé au chauffeur de s'en aller sans rien payer. En réalité, je n'ai rien demandé au chauffeur, je n’aurai jamais attendu non plus une quelconque récompense pour le geste gratuit de secourir un chauffeur en panne au bord de la chaussée.


En discutant, je n’ai pas évoqué mon éducation d’enfant dans la Légion de Marie. A onze et douze ans, j’ai appris à rendre gratuitement service, dans la discrétion totale. Au nom de Dieu. Puiser une calebasse d’eau pour un vieillard du village, par exemple.

Je n’ai donc pas ressenti le besoin de m’expliquer devant le chauffeur et devant mes deux compagnons. Nous nous sommes rencontrés par hasard, et chacun de nous avait sa vie et les motivations, les motifs des actes qu’il pose dans sa vie.

Pourtant, je n’ai pas vraiment été surpris par la réaction de mes compagnons de fortune. J’ai appris, depuis quelques années, que dans ce pays où Dieu m’a fait naître, rien ne se fait pour rien. Je le vois surtout dans les aéroports. Je ne parle pas de prétendus porteurs de bagages qui se proposent en disant que c’est pour rien jusqu’au moment où ils ne vous demandent que de quoi payer le transport pour rentrer à la maison, et ils vous laissent estimer le prix, eux qui disent passer leurs journées à rendre service pour rien.

Tous les autres agents dans les aéroports vous disent la même chose. Angoissés comme vous êtes souvent avant ou après un vol dans l’avion. Des agents de tous genres et uniformes vous rendent des services trop intéressés. Et ils vous rappellent, l’air de rien, qu’ils ont tout juste besoin d’eau à boire. Et l’eau à boire se dit avec le même mot dans trois des quatre langues nationales de notre pays. Vous ne pouvez donc pas ne pas comprendre ce que l’on vous demande.

Et c’est à vous à comprendre que sur la croix, Jésus de Nazareth a dit qu’il avait soif. Et si vous pensez à Jésus, pourquoi ne pensez-vous pas à ceux qui travaillent là dans nos aéroports où ils se sacrifient nuit et jour ?

La question qui me revient toujours est celle de savoir pourquoi c’est seulement dans ce pays-ci que les agents des services publics et privés ont si soif. Voyagez dans bien d’autres pays d’Afrique et du monde, revenez dans nos aéroports et aux frontières. Comparez. Vous aurez bien l’impression d’entrer dans un pays de mendiants. Vous aurez surtout l’impression que rien ne se fait pour rien, que personne n’aide jamais personne. Vous vous demanderez surtout si des chrétiens habitent bien dans ce pays où le mot générosité ne doit avoir aucun sens. Tout le monde, riche ou pauvre, semble avoir une soif d’argent inextinguible.

Jean-Baptiste MALENGE Kalunzu
jbmalenge@gmail.com

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