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Le tapis rouge de la cathédrale



Au cœur des jours et des nuits

Le tapis rouge de la cathédrale





Nous sommes tous égaux, et tout le monde est assis sur les mêmes bancs, dans les églises catholiques. Je l’ai entendu dire ainsi sur la radio de l’archidiocèse de Kinshasa, Radio Elikya. Vous pensez que cela va sans dire. Mais je suis allé vérifier. 
Dans la cathédrale Notre-Dame du Congo, les bancs sont les mêmes, du premier au dernier. Ils sont uniformes. Et j’ai vu, ce jour-là, que des enfants qui faisaient leur première communion, étaient venus dans l’église habillés en uniforme scolaire. Devant Dieu, nous sommes tous égaux. Les enfants doivent l’apprendre. J’ai pensé à saint Jacques. Il demande qu’il n’y ait pas, parmi les chrétiens, de partialité à cause de la richesse. 
Saint Jacques écrit : «  En effet, s’il entre dans votre assemblée un homme aux bagues d’or, magnifiquement vêtu, s’il entre aussi un pauvre vêtu de haillons, si vous vous intéressez à l’homme qui porte des vêtements magnifiques et lui dites : ‘Toi, assieds-toi à cette bonne place’, si au pauvre vous dites : ‘Toi, tiens-toi debout’ ou ‘Assieds-toi là-bas, au pied de mon escabeau’, n’avez-vous pas fait en vous-mêmes une discrimination ? N’êtes-vous pas devenus des juges aux raisonnements criminels ? » (Jacques 2,2-4)




Dans la cathédrale et dans les autres églises, on évite donc cette discrimination qui donne à certains plus d’importance qu’à d’autres. Il y en a qui se croient plus ou moins importants que d’autres, mais l’Eglise les fait asseoir tous au même rang, au même niveau. Il n’y a pas de fauteuil d’honneur pour certains ni de tabourets modestes pour d’autres. Et ceux qui arrivent à temps occuperont les places disponibles, quel que soit leur rang, quel que soit leur âge ! Même dans les églises où les femmes s’assoient d’un côté et les hommes puis les enfants, filles et garçons de leur côté, même là, tout le monde s’assoit sur les mêmes bancs.
Beaucoup sont habitués à des privilèges ou à du mépris. Dans l’église, ils doivent s’habituer à l’exercice de l’égalité. Il faut l’apprendre. C’est l’enseignement de l’Eglise.
Mais ce que j’ai bien vu dans la cathédrale, c’est le tapis rouge. Il couvre la partie de l’église réservée à l’autel et aux acteurs liturgiques. Les évêques et les prêtres et les servants de messe y occupent chacun sa place. Et chacun porte un vêtement approprié, différent de ses habits ordinaires, même ses costumes de fête. Là, dans ce qui s’appelle ou chœur ou sanctuaire, on agit comme un autre que dans la vie ordinaire, la vie profane. Là, on dit que l’on touche le sacré.
Lors d’une messe de prémices d’un nouveau prêtre, dans mon village, les rares fauteuils du village avaient été placés pour les autorités venues de la capitale Kinshasa. Etaient-ils catholiques ou pas ces hommes et ces femmes, voilà que le monsieur le plus haut dans la hiérarchie politique se plaint, après la messe, de n’avoir pas été invité à recevoir la communion le premier. Beaucoup de ceux qui ont entendu sa plainte ont été scandalisés tout comme moi. Voilà pourquoi L’Eglise a raison de rappeler aussi que le moment de l’échange de paix pendant la messe n’est pas un moment de gestes familiers ni de salutations profanes réservées d’abord aux autorités selon leurs rangs, titres et qualités, comme on dit. Et le prêtre ou l’évêque ne se déplacera donc pas dans l’église, ne quittera pas l’autel pour aller saluer les fidèles de quelque rang. Les fidèles non plus ne se déplaceront pas pour se saluer, se féliciter voire présenter des condoléances, par exemple. 
Dans une église, donc, le pharisien et la pharisienne qui viennent montrer leurs plus beaux habits seront déçus. Ils ne trouveront pas d’admirateurs. Dans la cathédrale de Kinshasa, un illustre bienfaiteur avait fait don d’un meuble très important. Mais je ne vous en dirai rien. Il n’y aura pas de publicité.

Jean-Baptiste MALENGE Kalunzu
jbmalenge@gmail.com

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