Les confessions religieuses conjuguent leurs forces de riposte contre le virus Ebola
En RDC, sur invitation de l’Eglise catholique par son organisation Caritas-Congo, les confessions religieuses décident d’unir leurs forces dans la riposte contre la maladie à virus Ebola. A l’initiative de l’Eglise catholique, une table ronde a réuni des leaders religieux au Centre catholique Caritas-Congo le jeudi 1er octobre autour de la 17e épidémie de la maladie à virus Ebola dans l’est du pays. La table ronde a fait ériger une commission pour réfléchir en premier lieu sur la mutualisation des efforts de tous.
Les participants à la table ronde se sont préoccupés des zones déjà infectées dans les provinces du Nord-Kivu, du Sud-Kivu, de la Tshopo, du Bas Uele, du Haut Uele et de l’Ituri. Ils ont aussi considéré le reste du pays, des zones non encore atteintes mais présentant de hauts risques. C’est le cas de la ville de Kinshasa, à forte densité humaine avec de faciles couloirs de pénétration.
Deux autres tables rondes seront organisées à Bunia, dans la province de l’Ituri, et à Beni, dans la province du Nord-Kivu. Les efforts sont déployés partout pour des recherches de terrain et pour des stratégies arrêtées par le gouvernement national.
La sensibilisation est essentielle
La sensibilisation est essentielle, et dans la société civile, la contribution des confessions religieuses est fort attendue et appréciée pour obtenir un meilleur résultat dans la prévention de la transmission.
Mais pour une meilleure riposte contre la maladie, les catholiques, protestants, musulmans, kimbanguistes, orthodoxes, anglicans et Armée du salut se rendent comptent de la nécessité de mutualiser leurs forces, d’harmoniser leurs actions avec la coordination du Ministère de la santé. Malgré des moyens financiers limités, les confessions religieuses sont bel et bien engagées dans la conscientisation de leurs membres et de la population en général. Mais les actions seraient plus efficaces si elles étaient menées en synergie.
Autour du gouvernement : un plan de riposte
Il faut trouver des mécanismes réguliers de collaboration. Et des confessions religieuses sont attendues aussi pour des activités qui ne coûtent pas d’argent. Tel est le cas de l’appel répété du Saint-Père Léon XIV, qui n’a point demandé d’argent.
Dès le début de la 17e épidémie de la maladie à virus Ebola au mois de mai 2026, le gouvernement de la République a conçu un plan de riposte évalué à quelque 240 millions de dollars. Un nouveau plan national vient d’être élaboré pour 180 jours. Le directeur de l’Institut National de Santé Publique a salué la collaboration des confessions religieuses pour la mise en place d’une feuille de route commune. Mieux vaut tard que jamais, et le temps presse, a-t-il précisé.
L’épidémie continue, due à la souche Bundibugyo, qui ne connaît ni vaccin ni traitement spécifique. Sur le plan géographique et numérique, le virus ne cesse d’avancer. De 635 cas au 09 juin, on est arrivé à 8224 cas au 29 septembre 2026. La mortalité est passée de 44% à 48%.
Les défis : insécurité, désinformation et manque de financement
Le coordonateur national du Service pour la promotion de la santé, un département de la Caritas-Congo, le docteur Jean Munongo a relevé la contribution particulière de l’Eglise catholique dans les diocèses déjà touchés par l’épidémie ou pas, et des évêques aux communautés de base. Il a aussi épinglé des défis :
Le financement est bien un défi. Les appuis financiers du gouvernement, des réseaux internes de la Caritas et d’autres Eglises sont de courte durée et ne peuvent soutenir des cas d’urgence. Il s’observe, en réalité, une baisse notable du financement au niveau mondial. Le matériel de protection est aussi insuffisant et ce déficit a même causé la mort du personnel de la riposte.
Mais le défi majeur est celui de la guerre et de l’insécurité. L’épidémie est venue aggraver la souffrance d’une population de l’est du pays déjà affligée par la guerre. La lutte contre la maladie à virus Ebola devient donc difficile vu les déplacements des populations fuyant les armes. Même les acteurs humanitaires ne peuvent pas se déployer facilement auprès des malades ou des milieux infectés. L’insécurité rend même parfois impossible d’enterrer les victimes.
Les confessions religieuses, forces de persuasion
Les confessions religieuses sont attendues dans le plan de la riposte surtout pour leur force de persuasion. Car la désinformation est un autre défi qui empêche la sensibilisation. Les croyances et les rumeurs éloignent les populations des enseignements et de toute précaution et vont jusqu’à nier l’existence de la maladie ou à l’attribuer à la sorcellerie, et à créer ainsi une résistance contre les stratégies de la riposte.
La table ronde a permis d’élaborer une feuille de route d’actions communes et spécifiques à mener en toute urgence. Les participants ont aussi adressé un appel à la population à suivre les mesures stratégiques de comportements visant à arrêter la 17e épidémie de la maladie à virus Ebola.








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